Je vais écrire à cœur ouvert, sans me soucier du style, de la syntaxe et peut-être même de l’orthographe. Je vais écrire sans réfléchir aux tournures de phrases, ni au vocabulaire. Je vais étaler ce que je ressens, simplement, sincèrement.
Personne ne se rend compte de l’impact des mots, des effets, des sentiments, des réactions qu’ils peuvent produire. Quelques mots suffisent pour changer l’humeur d’une personne, pour la conforter, pour la faire rire, pour lui décrocher un sourire, des larmes, pour la détruire, pour l’accabler. C’est si facile de balancer une phrase blessante à la volée, il est si difficile de le supporter. L’impact des mots. Ne pensez pas que les gens n’entendent pas seulement parce qu’ils font semblant, parce qu’ils semblent indifférents, derrière leur visage impassible vous ne savez pas ce qu’il se cache. Ne pensez pas que les gens sont insensibles à vos propos, ne pensez pas que cela ne les affecte pas, ne pensez pas que vous ne les meurtrissez pas. Aucun de nous n’est innocent, nous sommes tous coupables.
Combien d’entre vous ont déjà eu peur d’aller au lycée parce que vous vous faisiez insulter, mépriser, dénigrer ? Combien de vous ont eu peur de se connecter sur Facebook, Twitter, Tumblr, YouTube et autres sites et réseaux sociaux parce que vous receviez des propos blessants d’inconnus ? Combien d’entre vous ce sont déjà regarder dans le miroir en pleurant, combien ont détesté leur reflet, se sont détesté seulement parce que les autres ont dit ” Oh elle est laide, elle est grosse, il se conduit comme une fille, il a des boutons, elle est dégueulasse, il est affreux.. ” ? Combien d’entre vous ont commencé à calculer leur geste parce que les autres les regardaient, combien d’entre vous ont pensé ” Je ne veux pas qu’ils me voient, qu’ils me remarquent, je ne vais pas dire ce que je voulais dire, ils vont encore me dévisager, ils vont m’insulter .. ” ? Combien d’entre vous ont déjà baissé les yeux en passant devant un groupe de personnes ? Combien d’entre vous ont voulu disparaître quelque temps ? Combien d’entre vous se sont sentis seuls, dépourvus d’aide ?
C’est tellement simple de dire ” Je m’en fiche de ce que pense les autres. “, on peut le prétendre, personne n’y arrive jamais. Ce n’est pas un manque de courage, peut-être de confiance en soi, c’est profondément humain. Les mots blessent, les regards, les actes. Il y a des jours où l’on ne supporte plus être ce que l’on est, où l’on se demande pourquoi cet acharnement, cet harcèlement moral, qu’est-ce que vous avez bien pu faire mis à part exister ? Quel est le plaisir de ces personnes à vous détruire, à jubiler en vous regardant manger la poussière ? A vous foutre à terre en vous méprisant, en inventant des rumeurs sur vous, en parlant sur votre dos constamment ?
C’est tellement banal, ça semble normal. Ca ne choque personne. On oublie vite les pleurs des autres, on entend parler de dépression chez les adolescents, de suicide, d’idées noires mais tout nous semble normal. On blâme l’adolescence, on dit que l’on ne peut rien y faire, notre silence cache notre détresse. Au lycée tout le monde insulte tout le monde, certains sont sujets à un réel harcèlement moral mais personne ne fait rien. Il ne faut pas s’étonner que certains craquent. C’est trop fur, ça fait mal, on se tait, on subit, on n’ose pas, on a peur.
Peur, nous avons peur, de dire, de faire quelque chose. Peur d’aggraver notre cas, peur que l’on se moque, pire que l’on s’en fiche. Peur de passer pour quelqu’un de faible, de vulnérable. Peur d’être soi même car on sait qu’on ne va pas leur plaire. Peur de passer pour quelqu’un que l’on peut descendre facilement. Peur de perdre sa dignité, sa fierté.
Alors on se laisse marcher dessus, en se disant que cela va s’arrêter, qu’ils vont se lasser. Plus on grandit, plus on s’en détache, plus les mots perdent de leur sens. Mais avant ? Vaut-il vraiment la peine que l’on vive dans cette cruauté ? Le lycée est une période cruelle. Nous nous sentons si seuls.
J’aimerais un jour avoir le courage de les affronter tous. Ceux qui me méprisaient du regard à cause de mes origines, parce que je me suis fais larguée comme une merde, parce que mes vêtements n’entraient pas dans leur convention, parce que j’avais l’air perdue. Ceux qui ont rit parce que je pleurais, ceux qui ont suivis les autres parce que j’étais considérée de ” non fréquentable “. J’aimerais ne plus fuir leur regard, ne plus traverser la cour sans regarder mes pieds.
Tous une fois, nous avons déjà ressenti ça. Il n’y a pas de solution miracle à cette issue, mais laissez moi vous donner un conseil, par expérience personnelle.
Ils nous font croire que nous ” ne sommes pas assez bien “. On se dit ” Quel est le problème avec moi ? ” Aucun ! Ce n’est pas vous le problème, c’est eux, eux et leur besoin de critiquer pour se sentir exister. C’est eux qui ont un problème. Laissez-les parler, soyez forts. Je sais, c’est dur. Les ” qu’en dira-t-on “, les ” ce que les autres pensent “. Ne vous laissez pas abattre, vous n’êtes pas seuls. Vous pensez l’être. Victimes des mots, victimes des regards. Vous devez garder confiance, ne pas les laissez vous abattre, vous savez ce que vous valez. Laissez parler les cons, ignorez les bruits de couloirs. Qui sont-ils pour vous jugez ? Ne laissez pas les mots crachés par des ignares vous atteindre, détruire vos rêves, vos envies, votre existence, vous même. Souriez, envoyez leur votre putain de sourire aux visages. C’est la meilleur des revanches. Ecrivez, écrivez, bien, mal, peu importe. Les mots peuvent détruire, moi, les mots m’ont guéris.